Auteur : Stéphane FOSSE
Date : 13 avril 2026
Le document retrace le Plan Calcul, lancé en 1966 pour doter la France d’une industrie informatique nationale indépendante des États-Unis. Il situe l’origine du programme dans le refus américain d’exporter un calculateur stratégique à la France et dans la prise de contrôle de Bull par General Electric. L’État crée alors la CII, finance la recherche et oriente la commande publique pour bâtir une capacité industrielle nationale. Le texte rappelle qu’IBM domine alors largement le marché, avec plus de 60 % en France, et que la CII démarre dans une position fragile.
Le document montre aussi les limites du plan. Les machines Iris reposent à 90 % sur des circuits intégrés américains, ce qui réduit la portée de la souveraineté affichée. Il présente Unidata, créé en 1973 avec Siemens et Philips, comme une tentative de champion européen capable de rivaliser avec IBM. Cette dynamique est freinée par des divergences industrielles et par l’opposition d’acteurs français favorables à une alliance avec Honeywell-Bull.
Le texte met en avant l’apport du Plan Calcul aux réseaux. Le projet Cyclades, dirigé par Louis Pouzin à l’IRIA, développe le principe du datagramme et influence directement les travaux qui mènent à TCP/IP. L’auteur décrit ensuite l’abandon du plan en 1975, après l’élection de Valéry Giscard d’Estaing, la suppression de la Délégation à l’informatique et la fusion CII-Honeywell-Bull. Il conclut que l’échec tient moins à une incapacité technique qu’à une rupture politique et à l’absence de continuité industrielle. Le document relie enfin cet épisode aux débats actuels sur la souveraineté numérique, le cloud et l’IA.
Éléments clés à retenir :